jeudi 16 novembre 2017

Frigiel et Fluffy : La forêt de Varogg (T3)

Auteurs : Frigiel - Nicolas Digard
Editions : Slalom (Septembre 2017)
Nbre de pages : 364


Présentation de l'éditeur :
Erald est vivant ! Mais que s'est-il passé ? Prisonnier du pénitencier sous-marin de Suratan, Frigiel va d'abord devoir trouver un moyen de s'échapper et de libérer ses amis avant de comprendre pourquoi son grand-père est ici. D'autres prisonniers doivent également être libérés : deux habitants de Lanniel, un gobelin du nom de Stekx et quelques guerrières Sarmates : un peuple matriarcal du delta des pieuvres surnommé les " tueuses d'Endermen ". Avec ces nouveaux compagnons, Frigiel et ses amis vont devoir trouver un moyen de sortir de cette cité engloutie afin de se remettre à la recherche du second coffre se trouvant à Varogg, une forêt maléfique plongée dans une nuit éternelle.


Mon avis :

Troisième tome de cette série consacrée au monde de Minecraft avec Frigiel et son fidèle compagnon à quatre pattes, Fluffy, ainsi que de leurs deux amis, Abel (le Tarankois) et Alice (la voleuse).

Nouvelle mission pour eux qui va les emmener à la forêt de Varogg avec des scènes autant amusantes que stressantes parfois.

Comme avec les deux tomes précédents, j'ai passé un excellent moment de lecture aux côtés de Frigiel et de ses amis.

Des révélations se font et Frigiel continue son apprentissage de la magie, même s'il est devenu un mage qui commence à gérer ses pouvoirs.

Je me suis encore régalée à retrouver un langage créé exclusivement pour le monde de Minecraft.

C'est d'ailleurs ce qui m'avait fait accrocher aussi vite à cette série jeunesse parce que cela plonge littéralement le lecteur dans cet univers des blocs et des cubes.

Si Frigiel évolue encore dans ce tome, il en sera de même pour ses amis, Abel et Alice, que j'aime beaucoup. L'un et l'autre sont très différents et pourtant on les sent si proches... En même temps, de nouveaux personnages font leur apparition et je me demande ce que cela va donner dans le prochain tome quant aux rapports des trois amis. Est-ce qu'ils vont se sentir trahis ? Déçus par l'éloignement de l'un d'eux ?

Je ne vous en dirai pas plus sur ce tome parce que forcément je vais finir par en dévoiler trop et qu'il faut vraiment découvrir cette saga que j'aime beaucoup alors même que je lis aujourd'hui peu de romans jeunesse.

Mais Frigiel et Fluffy fait l'exception parce que lorsque je me plonge dans ces romans, c'est comme si je partais moi aussi à l'aventure dans le monde de Minecraft avec tout un langage qui lui est consacré.

Si vous ne connaissez pas encore cette série, je vous la conseille fortement surtout si votre enfant (comme le mien) est accro à ce jeu. Sachez aussi qu'une bande dessinée vient de paraître ce 15 novembre, Frigiel et Fluffy : Le mystère des pastèques perdues.


Même si je ne suis pas une adepte du jeu, je suis devenue accro aux livres et je suis très curieuse de voir aussi ce que peut donner cette BD. Si j'ai l'occasion de pouvoir la découvrir, j'en serai enchantée voire même comblée.

Le tome 4 de la série paraîtra quant à lui en mars 2018 et je suis déjà au taquet pour le lire.

Il y a également un calendrier qui est sorti tout début novembre et mon fils le lorgne déjà. On pourrait dire qu'ici c'est "Minecraft un jour, Minecraft toujours !" Surtout qu'il lit les romans à son rythme mais il se régale de savoir qu'il a un tome de reste dans sa petite PAL et dès qu'une nouveauté sort, il est le premier à me le dire !

Et vous ? Connaissez-vous cette saga ? Vous laisserez-vous tenter ? Je l'espère en tout cas 😃

mardi 14 novembre 2017

La face cachée de Ruth Malone

Auteur : Emma Flint
Editions : Fleuve Noir (octobre 2017)
Nbre de pages : 427


Présentation de l'éditeur :
1965. Une vague de chaleur déferle sur le Queens, banlieue ouvrière de New York, et plonge ses habitants dans un état léthargique. Un matin ordinaire, Ruth Malone, mère célibataire aux allures de star hollywoodienne, constate la disparation de ses deux enfants. 
Peu après, le corps de la petite Cindy est retrouvé abandonné sur un chantier, son doudou encore à la main. Lorsque, quelques jours plus tard, la dépouille de son fils, Frankie Jr, est découverte dans des conditions similaires, des voix accusatrices s'élèvent contre Ruth. 
De la voisine qui a toujours eu des doutes aux médias avides de scandale, tout le monde semble avoir quelque chose à lui reprocher. 
Mais qui est Ruth quand personne ne la regarde ? 
Cette " mère " dont les amants entrent et sortent de sa vie depuis des années et qui ne verse pas une larme devant les corps sans vie de ses enfants. 
Alors que presse, opinion publique et tribunaux condamnent Ruth avant l'heure, un seul homme va tenter de découvrir qui est vraiment cette femme : nouvelle Médée monstrueuse ou victime innocente ?


Mon avis :

Ce roman débute avec l'incarcération de Ruth Malone et les réminiscences qu'elle a et on bascule dans la fameuse année 1965 pendant laquelle ses enfants vont être assassinés alors qu'elle est divorcée et qu'elle les élève seule.

On sait donc, dès le départ, que Ruth Malone n'aura pas la clémence des jurés mais on ne sait pas non plus ce qui les a décidé à rendre un tel verdict.

Nous allons donc suivre cette histoire basée sur un fait réel (celui d'Alice Crimmins) et nous allons découvrir qui était cette femme que tout le monde accuse du meurtre de ses propres enfants.

J'avoue que je m'attendais à un roman plus porté sur l'enquête de ces meurtres horribles sur des enfants de 5 et 4 ans. Mais ce ne sera pas tout à fait le cas.

Bien sûr, l'enquêteur Devlin fera son boulot en interrogeant les témoins, en cherchant les indices... mais très vite on comprend que Ruth Malone est dans la ligne de mire de la police pour ne plus en sortir. Tout sera organisé pour qu'elle soit la coupable idéale.

Tout le monde se liera contre elle, à l'exception d'un journaliste, Pete Wonicke. Si au départ, cet homme mène ses investigations comme le souhaite son patron, il se rend compte aussi que Ruth Malone n'est pas la mère que la police veut bien le faire croire.

Derrière la carapace qu'elle s'est forgée, ne voulant pas montrer son chagrin et se cachant derrière le maquillage et les belles tenues, Ruth est une femme brisée.

Nous sommes dans les années 60 et une femme qui agit comme elle est très mal vue car quelle mère serait bien capable de laisser ses enfants seuls la nuit pour aller travailler ? Quelle mère amènerait chaque nuit un homme différent chez elle ? Quelle mère préfère être très bien apprêtée au lieu d'être effondrée ?

Ce roman est le procès tout tracé d'une mère qui n'aura jamais son mot à dire. Malgré tout ce qu'elle pourra expliquer, tout se retournera contre elle. A de nombreuses reprises, d'ailleurs, cette femme demandera à la police d'orienter ses recherches vers l'assassin de ses enfants plutôt que de l'accabler de torts qu'elle ne comprend pas...

Le roman est très bien écrit et très bien mené. Pourtant, j'aurais aimé plus de précisions et notamment sur cette fin que nous donne l'auteur. J'ai trouvé ça dommage car une note en fin de livre plus explicite aurait été encore plus intéressant sur une histoire aussi tragique.

Mais, comme je l'ai dit, l'ensemble est très bien construit et se lit très vite. On est vite happé par ce personnage très particulier qu'est Ruth Malone mais également des hommes qui l'entourent. Je ne regrette pas ma lecture et je ne peux que vous la conseiller.

lundi 13 novembre 2017

L'homme feu

Auteur : Joe Hill
Editions : JC Lattès (Juin 2017)
Nbre de pages : 610


Présentation de l'éditeur :
Personne ne sait exactement quand et où cela a commencé.
Sur le corps des hommes et des femmes de magnifiques tatouages apparaissent et brûlent plus ou moins violemment les individus qui les portent... Boston, Détroit, Seattle... sont frappés. Il n'existe pas d'antidote.
Harper est une infirmière merveilleusement bienveillante. Le même jour, elle découvre qu'elle est enceinte et qu'elle est touchée par le virus. Paniqué son mari fuit.
Et dans ce monde en ruines où des micros sociétés se créent et des milices d'exterminations traquent les malades, Harper va rencontrer l'Homme-feu capable de contrôler le feu intérieur qui consume les humains. Ensemble, ils vont tenter de sauver une société terrorisée où chacun est prêt au pire pour tenter de survivre.
Une fresque aussi profonde que fascinante sur l'homme face à ses peurs vertigineuses et à sa puissance de vie.


Mon avis :

J'ai enfin découvert Joe Hill avec son dernier roman et je peux déjà vous dire que ce ne sera pas mon dernier. J'ai Le costume du mort et Nosfera2 qui m'attendent sur ma liseuse depuis longtemps et je pense qu'ils ne vont pas trop traîner...

Le fils de Stephen King n'a rien à envier à son père ou en tout cas il peut lui dire merci pour son fabuleux héritage parce que Joe Hill est un écrivain à la hauteur de ce qu'est son père.

Mais attention, Joe Hill a son style à lui et l'histoire de L'homme feu ne ressemble aucunement aux romans de papa.

J'ai vécu pendant plus de 600 pages aux côtés de Harper et John dans une ambiance pesante parce que la pandémie qui fait rage sur l'ensemble du globe est à faire peur.

L'écaille du dragon s'attrape par contact à partir du moment où une écaille apparaît sur votre peau. En tout cas, c'est ce que l'on croit au départ... Vous devenez alors un infecté, un paria.

Lorsque Harper se rend compte qu'elle est malade, elle est enceinte de 10 jours et son mari, Jakob, terrorisé, la quitte pour revenir quelques jours plus tard avec la ferme intention d'abréger ses futures souffrances. Parce que cette maladie vous tue par auto-combustion au bout de quelques semaines, 4 mois au plus et les autorités ne savent pas du tout comment guérir de ces spores qui prennent place dans votre corps au fur et à mesure que le temps passe.

Harper n'a donc pas le choix : elle fuit pour sauver son enfant. Elle rencontrera John, le pompier qu'elle avait déjà vu dans un hôpital où elle travaillait. Avec Allie et Nick, John amène Harper dans un centre où d'autres infectés sont arrivés à gérer L'écaille de dragon mais une milice du feu s'est formée pour anéantir tous les infectés.

Et durant plus de 600 pages nous allons suivre Harper, John, Allie, Nick et compagnie dans cette atmosphère de mort, de doute, d'envie de vivre, de survivre et de mener à bien une grossesse qui pourrait mettre au monde un bébé déjà infecté...

Tout est mis en oeuvre pour que le lecteur ne lâche pas ce roman avec des personnages auxquels on s'attache, des chapitres très courts, et des explications sur cette maladie au fur et à mesure que l'on progresse et cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête avec la milice du feu qui les traque...

J'ai passé un très bon moment avec ce roman même s'il m'a fallu près de 15 jours pour en venir à bout parce que les caractères étaient écrits tellement petits que je devais faire des pauses régulières.

Mais à aucun moment je n'ai eu envie d'abandonner ces personnages dans un contexte chaotique parce que je voulais savoir si Harper allait pouvoir mettre son enfant au monde. Parce que John me plaisait beaucoup même s'il reste en retrait du camp dans lequel il amène Harper. Parce que son histoire est géniale à découvrir.

L'homme feu est un thriller fantastique qui se laisse lire extrêmement bien. L'écriture est accrocheuse et très fluide et le côté fantastique pousse encore plus le lecteur à vouloir en savoir encore plus.

La fin m'a déconcertée et déçue parce que je ne m'y attendais pas du tout mais alors pas du tout du tout du tout. Du coup, je suis restée accrochée à mon livre en me disant que "non ce n'est pas possible !" et Bingo ! Joe Hill a frappé fort...

Je verrai bien une suite d'ailleurs parce que je trouve les dernières lignes très ouvertes... et ce serait trop bon que de retrouver certains personnages que j'aime beaucoup. Après avoir passé 15 jours avec eux, ce fût difficile de fermer ce roman mais je me dis que c'est pour mieux en découvrir un autre.

En bref, L'homme feu a été un excellent moment de lecture et une très bonne découverte. J'ai mis du temps avant de me décider à lire Joe Hill parce que j'avais peur que ça ne me perturbe trop, que cela ressemble trop à du Stephen King et finalement j'ai été comblée par ce que j'ai lu. Si vous aimez les thrillers fantastiques, je ne peux que vous conseiller ce titre et partir à la rencontre de personnes exceptionnelles atteintes d'une maladie étrange, angoisssante mais ô combien passionnante...

vendredi 10 novembre 2017

What light

Auteur : Jay Asher
Editions : Michel Lafon (octobre 2017)
Nbre de pages : 285


Présentation de l'éditeur :
Un premier amour inattendu.
Le poison de la rumeur.
Le récit d'une seconde chance.


Mon avis :

Le résumé est court voire même très court et donne finalement peu de précisions quant aux personnages et ce qu'il a pu arriver avant la rencontre.

Et c'est là tout l'intérêt de ce roman : s'y plonger sans rien en savoir dessus !

Et lorsque vous allez commencer à découvrir Sierra, ses parents, ce qu'est leur vie, vous allez vous laisser emporter par ce magnifique récit sur fond de fêtes de Noël.

Si j'ai trouvé le début un peu facile, simple et très young adult finalement, j'ai quand même réussi à me laisser porter par cette jeune fille de 15 ans qui va, contre toute attente, découvrir ce qu'est un amour véritable.

Malheureusement, il y aura un "mais"... et je n'en dirai pas plus.

Parce qu'il faut vraiment découvrir cette histoire qui m'a mise les larmes aux yeux, passé la moitié du roman.

Parce que j'ai pu enfin déguster un roman young adult en VF alors que cela faisait très longtemps que cela ne m'était pas arrivé.

Parce que j'ai adoré la plume de Jay Asher qui a su m'emporter dans les émois de cette adolescente mais surtout ses interrogations, ses doutes, ses envies, ses peurs face à une situation qui n'est pas du tout facile à vivre au quotidien.

Si j'ai trouvé la première partie du roman assez commune, je n'ai pas pu lâcher ce bouquin sur la seconde moitié au point qu'il m'était impensable d'aller me coucher avant d'avoir le fin mot de l'histoire.

Chapitre après chapitre, j'étais aux côtés de Sierra et je ne voulais pas la quitter.

Je la comprenais; j'étais triste pour elle, pour eux, pour tout ce que la situation a de désagréable et de terriblement injuste aussi pour diverses raisons.

J'étais cette maman qui aurait voulu que tout soit tellement plus simple...

J'étais aussi cette maman qui s'inquiétait vu la situation...

J'étais cette adulte trop raisonnable ou peut-être trop suspicieuse et anxieuse pour la suite ce qui me donnait un élan de plus en plus fort pour continuer encore et encore...

Mais j'étais aussi la lectrice qui voulait faire confiance à cette jeune fille qui grandit, qui apprend de ses erreurs peut-être mais surtout de ses convictions.

What light est un magnifique roman qui sera un de mes rares coups de coeur de cette année 2017 parce qu'il véhicule non seulement un message d'amour filial qui n'est pas toujours facile à gérer mais également et surtout avoir la faculté de pardonner et d'aller de l'avant quelque soit le passé que l'on traîne derrière nous.

Je n'avais jamais lu Jay Asher mais ce roman m'a donné très envie de découvrir son autre titre  13 reasons why ou alors son tout dernier roman Piper qui est sorti en octobre dernier en VO qui semble juste succulent. Non seulement sa plume est fluide et délicate mais il sait magnifiquement véhiculer les émotions de ses personnages au point de permettre au lecteur de s'imprégner d'une ambiance à la fois poignante et terriblement romantique. Je pense que le contexte de Noël y est aussi pour quelque chose avec ce roman et je ne regrette absolument pas ma découverte.


jeudi 9 novembre 2017

Le bonhomme de neige

Auteur : Jo Nesbo
Editions : Gallimard (2008)
Nbre de pages : 424


Présentation de l'éditeur :
Oslo, novembre 2004, la première neige tombe sur la ville. Dans le jardin des Becker, un bonhomme de neige fait irruption, comme sorti de nulle part. Le jeune fils remarque qu'il est tourné vers la maison et que ses grands yeux noirs regardent fixement leurs fenêtres. Dans la nuit, Birte, la mère, disparaît, laissant pour seule trace son écharpe rose, retrouvée autour du cou du bonhomme de neige... 
Dans le même temps, l'inspecteur Harry Hole reçoit une lettre signée «le bonhomme de neige» qui lui annonce d'autres victimes. Plongeant son nez dans les dossiers de la police, Harry met en lumière une vague de disparitions parmi les femmes mariées et mères de famille de Norvège. Toutes n'ont plus donné signe de vie le jour de la première neige... 
D'une sobriété étonnante, Harry Hole va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur le territoire norvégien et qui le conduira jusqu'au gouffre de sa folie...



Mon avis :

Voilà mon premier roman dans le cadre du challenge The Black November organisé par Séverine et il me tardait de le commencer parce que c'est un roman qui traînait dans ma liseuse depuis des siècles années et qu'il était plus que temps que je découvre cet auteur dont j'entends parler en bien.

C'est maintenant chose faite et ce que je peux dire c'est que cette lecture a été prenante, stressante par moments et qu'elle m'a donné envie de continuer à découvrir Jo Nesbo.

Dans ce thriller, j'ai eu la surprise de découvrir un inspecteur un peu hors norme, même si on en trouve de plus en plus dans les romans de ce genre aujourd'hui. En effet, Hary Hole est un ancien alcoolique qui se retrouve célibataire puisque sa compagne l'a quitté un peu plus d'un an auparavant.

C'est donc un homme blessé par la vie que j'ai découvert et j'avoue que bon nombre de fois j'ai bien cru qu'il allait replonger dans ses penchants alcooliques vu les situations dans lesquelles il était empêtré...

Ce que je peux vous dire c'est que dans cette enquête, on va avoir un Harry qui ne lâche rien, qui se mettra sa hiérarchie à dos mais qui va aller au bout de ses convictions.

Le lecteur doutera quand même un peu de cet homme, tout en le voyant progresser avec une efficacité bluffante.

Pourtant, rien n'est gagné parce que celui qui se fait appeler le bonhomme de neige sera bien difficile à trouver.

Les meurtres sont horribles puisqu'ils touchent des femmes mariées ayant des enfants. Pourquoi elles ? Qu'ont-elles de particulier ? Mais par la suite, d'autres meurtres auront lieu. Du coup, on se demandera quels sont les liens entre ces personnages...

J'ai eu un début de lecture très angoissant, me demandant si j'arriverai à le lire le soir avec des meurtres que l'on nous décrit et des neurones qui tournaient sans arrêt, me laissant imaginer le pire.

Et puis, petit à petit, je me suis placée dans l'enquête; j'ai eu moins "peur" que prévu. Je rentrais dans un thriller finalement assez classique et c'était très bien.

Le livre est scindé en plusieurs parties et certains chapitres feront découvrir au lecteur ce qui a pu se dérouler dans le passé pour mieux appréhender ce qu'il se passe dans le présent.

Arrivée à la moitié du roman, j'ai commencé à avoir des doutes sur un des personnages et j'étais quasi persuadée d'avoir trouvé le coupable et je ne m'étais pas trompée. Mais l'auteur m'a mis des doutes parce qu'il ose nous mener en bateau et cela aurait pu marcher... J'ai vraiment douté... mais je me méfiais aussi de ce que Jo Nesbo me racontait... J'y allais sur la pointe des pieds, me demandant s'il ne voulait pas me berner...

Du coup, lorsque la révélation finale est arrivée, je n'ai pas été plus surprise mais franchement le thème que l'on aborde ici est vraiment très intéressant au point que j'ai fait quelques recherches par la suite et c'est juste hallucinant, impensable aussi.

En bref, Le bonhomme de neige a été une très bonne lecture avec laquelle j'ai passé un bon moment. L'écriture m'a beaucoup plu, avec une fluidité et une addiction qui a fait que j'ai lu rapidement ce titre. Le personnage de Harry m'a donné très envie de le retrouver dans les autres titres qui auront suivi Le bonhomme de neige et plutôt que les précédents. Si vous n'avez jamais lu cet auteur, je vous le conseille surtout qu'en le lisant dans la période hivernale vous êtes encore plus en accord avec le roman. Et oserai-je dire : méfiez des bonhommes de neige ?

lundi 6 novembre 2017

La brume en août : l'histoire vraie d'Ernst Lossa

Auteur : Robert Domes
Editions : La Belle Colère (octobre 2017)
Nbre de pages : 346


Présentation de l'éditeur :
Allemagne, 1933. Ernst Lossa vient d'une famille de Tziganes. Les services sociaux l'arrachent à sa famille et le placent dans un orphelinat. Là, le jeune enfant se débat entre les promesses de revoir ses parents et la difficile adaptation à son nouvel environnement. Quoi qu'il fasse, il est jugé comme un enfant à problèmes car ce qui plane sur lui, c'est le regard des adultes qui le jugent " issu d'une race inférieure ". Il sera transféré plusieurs fois d'institution en institution, jusqu'à être interné dans un hôpital psychiatrique. Commence alors son court voyage vers la mort. Cet enfant, parfaitement sain de corps et d'esprit, gentil, résilient, ne pourra jamais comprendre cette grande faute qu'on lui reproche. 
Après des années de recherches, Robert Domes tisse sur son destin et en son hommage un récit aussi beau que poignant, qui illustre parfaitement une face peu connue de la nazification des esprits dans l'Allemagne des années 1930. Un scandale historique qui aura été largement ignoré à Nuremberg, comme un dossier perdu dans les ténèbres de la Seconde Guerre mondiale.


Mon avis :

Ce roman est arrivé spontanément dans ma boîte aux lettres mais vu le thème dont il était question j'étais à la fois ravie et un peu angoissée de lire cette biographie d'un enfant de 14 ans, assassiné par les nazis pendant la guerre.

J'ai lu ce livre en un peu plus d'une journée. Une journée durant laquelle j'ai été aux côtés de Ernst pendant dix années.

Dix ans où il va être ballotté d'orphelinat, en maison de correction puis en hôpital psychiatrique.

Dix ans où il aura l'espoir que son père vient le récupérer un jour ou l'autre.

Dix ans durant lesquels, nous lecteur, savons qu'il ne sortira pas vivant des murs de l'hôpital.

Pourtant, loin d'être Tzigane, Ernst Lossa était d'une famille Yéniche mais le statut de commerçant ambulant de son père, les classera dans une catégorie à éliminer. Ernst n'aura aucune chance.

Cette chance tourne d'ailleurs le jour de ses quatre ans alors que son père est absent du domicile et sa mère très malade. Les conditions de vie sont telles que les services de l'enfance sont appelés pour récupérer les enfants Lossa.

Ernst est l'aîné et sera le seul à être assassiné. Ses deux soeurs auront permis à l'auteur, grâce à leurs témoignages, d'apporter une certaine lumière sur ce qu'il s'est passé dans leurs vies.

Je n'ai pas vraiment envie de vous dire comment était Ernst. Il faut vraiment le découvrir par vous-même. Mais d'un petit garçon très vif et affectueux, il est aussi doté d'un caractère indépendant, ne se laissant aucunement dicté sa conduite. Le larcin fait aussi partie de lui...

C'est tout ce que vous saurez de ce garçon que j'ai beaucoup aimé découvrir à travers une écriture qui était loin de me laisser larmoyante ou le coeur serré.

Robert Domes a parfaitement dosé son écriture dans un ouvrage extrêmement sensible et même si certains passages sont durs, l'ensemble, d'une certaine manière, permet au lecteur d'endurer ce calvaire avec plus de facilité que prévu.

Je ne m'attendais pas du tout à le lire aussi facilement, sans avoir la gorge nouée et les larmes aux yeux.

La façon dont les nazis "l'euthanasie" est tout simplement indigeste. Ernst était un gamin de liberté, qui ne rêvait que de liberté avec son père, ses soeurs. Les petits vols qu'il faisait n'étaient pour lui que minimes et représentaient des trésors qu'il ne pouvait pas obtenir autrement.

Mais aux yeux des nazis, il était un "inéducable", un "asocial". Son avenir était tout tracé... 

Si vous êtes comme moi et que vous avez envie de découvrir un nouvel ouvrage sur cette période bien sombre de l'Histoire, vous pouvez largement vous pencher sur le cas d'Ernst Lossa. Sa biographie menée comme un roman par l'auteur est terriblement bien écrite et organisée. Vous suivrez Ernst pendant 10 ans. Vous apprendrez à le connaître et vous vous y attacherez sans le vouloir.

Le plus dur sera juste lorsque vous fermerez ce livre. Alors même que je n'avais pas versé une larme pendant ma lecture, lorsque je l'ai eu terminée et que j'ai repensé à tout ce qu'il avait vécu pendant une décennie, je n'ai pas pu me retenir. Mon coeur de maman a pleuré.

En bref, La brume en août est une biographie sublime pour que le cas Ernst Lossa soit connu du plus de grand nombre parce que son seul défaut était d'être Tzigane.

Les Editions La Belle Colère éditent des romans percutants et La brume en août ne fera pas exception.

dimanche 5 novembre 2017

La fille qui avait bu la lune

Auteur : Kelly Barnhill
Editions : Anne Carrière (octobre 2017)
Nbre de pages : 361


Présentation de l'éditeur :
Chaque année, les habitants du Protectorat abandonnent un bébé en sacrifice à la redoutée sorcière des bois. Ils espèrent ainsi détourner sa colère de leur ville prospère. Chaque année, Xan, la sorcière des bois, se voit contrainte de sauver un bébé que les fous du Protectorat abandonnent sans qu'elle ait jamais compris pourquoi. Elle s'emploie à faire adopter ces enfants par des familles accueillantes dans les royaumes voisins. Mais cette année, le bébé en question est différent des autres : la petite a un lien étrange avec la lune et un potentiel magique sans précédent. Contre son gré, Xan se voit obligée de la ramener chez elle et de persuader ses amis réticents d'élever cette enfant pas comme les autres. Ils la baptiseront Luna et ne tarderont pas à en devenir gâteux. Xan a trouvé comment contenir la magie qui grandit à l'intérieur de la petite, mais bientôt approche son treizième anniversaire, et ses pouvoirs vont se révéler...


Mon avis :

Que cette lecture a été belle à découvrir et enchanteresse dans son ensemble. Déjà, je peux vous conseiller de vous y jeter dessus. Et voici pourquoi.

Déjà, l'écriture est une poésie à elle seule. L'auteur a su me faire retrouver mon âme d'enfant avec une narration tellement fluide et magique que j'étais véritablement enchantée par son récit. Et lorsque je parle d'être "enchantée" ce n'est pas seulement d'être ravie de le lire mais vraiment être prise dans une sorte de magie que je n'aurais pas cru au départ.

Ensuite, j'ai fait la connaissance des personnages auxquels je me suis beaucoup attachée et notamment Xan, la bienveillante sorcière qui va tout faire pour trouver des familles aux enfants abandonnés, à Luna qu'elle va recueillir et garder mais également Glerk, le monstre du marais, ainsi que Fyrian, un dragon enormus qui a du mal à grandir... A eux s'ajouteront bien sûr les habitants du Protectorat avec notamment Gherland le Grand Ancien, qui est à la tête du Protectorat et qui est l'initiateur du sacrifice annuel, Antain, son neveu, qui devrait prendre sa relève...Et puis, il y a cette femme à qui on enlève son enfant... Et puis tant d'autres que je vous laisserai le soin de découvrir.

Le livre va être organisé en deux parties bien distinctes : celle d'abord où Xan récupère le bébé et où on va la voir grandir, mais surtout la raison de son enchantement et de ce potentiel magique qu'elle va avoir avec la lune.

On va alors suivre Xan dans sa façon d'élever ce bébé et de la garder cacher pour que cette magie ne se voit pas aux yeux des différents habitants. 

Et puis, il y a la seconde moitié où Luna atteint ses 13 ans et où sa magie se révèle à elle...

Il va y avoir tout un puzzle qui va se mettre en place après que chaque pièce ait été dévoilée au lecteur, petit à petit, durant la première moitié du roman.

Et c'est juste un récit magnifique que nous offre Kelly Barnhill qui nous plonge dans un univers fascinant et accrocheur.

J'avoue quand même qu'un petit passage vers le milieu va sembler un peu long avant que l'action se remette vraiment en place mais ce roman n'est pas non plus un roman qui bouge beaucoup.

Bien sûr qu'il va y avoir des moments où Xan, Glerk, Luna, Fyrian et d'autres auront des missions à accomplir par rapport à la compréhension de ces sacrifices annuels mais à d'autres le récit est plus calme et pourtant il se passe tellement de choses... magiques.

Et c'est exactement ça qui rend la lecture addictive même pour les adultes et les Editions Anne Carrière ont vraiment trouvé là une pépite qui vaut le détour et qui fera un excellent cadeau pour Noël à venir, par exemple.

En bref, La fille qui avait bu la lune a été une magnifique découverte que je ne regrette pas d'avoir faite. Ce serait vraiment dommage pour vous de passer à côté.